Billets d’humeur

4 juillet 2016 – La centrale Californie, future ZAD ?

On ne nous a pas laissé le temps de l’élaboration d’une

Zone A Douter

et voilà que se construit sous nos yeux une

Zone Anti Démocratique

où tout s’impose par une force dominante qui se passe de notre expertise civile.

Ne nous donnez pas envie d’en faire une

Zone A Détruire

quand nous voudrions simplement en faire

une Zone A Déplacer.

 

 

27 juin 2016 – Suite à l’article de Libération, Les bobos se rebiffent !
« Il est question de polluants, de mise en danger d’environ 5000 personnes, de dissimulation d’information et d’études truquées pour contourner les seuils de santé tolérable, d’un outil à l’origine public, dévié à des fins privées. Mais cela ne fait visiblement pas matière à article pour Guillaume Frouin dans Libération… titrer sur les bobos était bien plus savoureux. Salauds de bobos…
Qu’est-ce qui est le plus décevant ? Le fait qu’un journaliste soit si peu consciencieux qu’il omette de parler de Bouguenais bien plus concerné à seulement 150m ? G. Frouin serait-il atteint du syndrome de Tchernobyl ? Bouguenais n’est pas assez bobo pour avoir un quelconque intérêt ? Ou le fait que des citoyens qui s’inquiètent, décident de ne pas se résigner, exercent leur responsabilité de parents, travaillent nuit et jour pour analyser ce projet, pour se faire traiter de bobos ?
Vous êtes le seul Monsieur Frouin à être tombé dans le panneau qui vous était tendu: montrer du doigt un quartier qui se battrait pour son pauvre petit intérêt. Un quartier de sales bobos égoïstes, déjà fort gâtés par la station d’épuration, la 4 voix, les camions de la carrière et le bal des avions ! Mauvaise pioche. Il vous manque quelques stéréotypes pour approfondir cet « article d’investigation ». Dans le collectif il y a les gens de Bouguenais et d’autres quartiers. Nous sommes soutenus et en lien constant avec les riverains des autres chaufferies. Des retraités de Sucé sur Erdre sont venus à nos réunions pour témoigner (pavillonnaire ça compte comme bobo ?). Nous travaillons à une tribune commune avec Malakoff (Allez un petit stéréotype à nous servir sur Malakoff ?) Nous échangeons avec les riverains de la Trocardière (Quoi ? abrutis de sportifs par là-bas ?).
Et sinon avez-vous contacté Engie, Nantes Métropole, le juge, le préfet ? Non, angle stricto bobo. Comment peut-on blesser des gens ainsi ? Car on sent bien que ce n’est pas une marque de bienveillance. Vous ne connaissez pas les gens qui se battent. Ces bobos les avez-vous rencontrés ? Qui avez-vous interviewé ? Domique A, notre artiste réputé. Ce n’est pas un peu attendu comme comportement de journaliste ? Il y a des gens beaucoup moins connus à écouter. Comme vous a répondu Dominique, la réalité est un peu plus diverse que vous ne semblez le penser. Merci à lui qui savait très bien à quoi il s’exposerait en s’engageant. Il n’a aucunement besoin de cette popularité mais il s’inquiète, comme nous tous, pour sa famille.
Nous savons tous que cela nous expose. Professionnellement pour beaucoup, personnellement car ce n’est jamais bien vu de s’engager. Merci d’en rajouter. Nous supportons suffisamment d’arrogance et de mépris (des documents nous sont refusés ou tronqués, les dialogues coupés…). Quelle énergie, quel temps passé à compiler, analyser, faire des calculs scientifiques, des graphiques, ce qui vous a été utile. Simplifier la tâche, être pédagogique, créatif, propager pour que chacun ait accès à l’information. Oui nous avons la chance dans ce quartier de nous connaître, donc de nous mobiliser rapidement, d’avoir des compétences différentes qui nous permettent d’être vigilants, d’étudier et de communiquer. Devons-nous nous en excuser ? Mais si les lois et les chantiers étaient transparents, si les procédures étaient facilement compréhensibles, et sans jargons et malversation, alors chacun pourrait être équitablement informé et se défendre. Nous rêvons de ce jour.
Comment s’étonner ensuite que les mouvements citoyens hésitent à parler aux Media. Le journalisme est un des métiers les plus importants en démocratie et des plus passionnants. Votre article nous attriste pour tous ceux qui tentent de bien le faire.
Et si au-delà de la pique, vous regardiez attentivement ces questions. Juste 3 petites questions, nous en avons tellement…
Ne devons-nous pas légitimement nous inquiéter si pour rentrer sous les seuils de réglementations de polluants Engie (Erena), estime que les habitants ne seront exposés que 16 h par jour à ses fumées. Donc les retraités, les parents au foyer, les travailleurs à domicile, les enfants à l’école, les sans-emploi sont officiellement en danger. Normal ?
Ne devons-nous pas légitimement être inquiets pour nos enfants en observant que la pollution de la centrale, déjà sous-estimée, ignore celle déjà existante de la 4 voix et des autres nuisances ? Le cumul ne passera pas les seuils de tolérance pour la santé. (cf recommandations OMS pour le SO2)
Ne devons-nous pas légitimement nous offusquer quand les travaux commencent le lendemain de la limite légale d’opposition au permis ? Que grues et pelleteuses s’activent avant que le commissaire enquêteur ait rendu son avis ?
etc etc etc Tout cela avec la bénédiction de nos élus rezéens, bouguenaisiens et nantais, celle d’Air Pays de Loire, de la DREAL, de l’ARS, de la Préfecture et de l’Ademe ?
Mais bon, vous avez sans doute raison, parler des prix de l’immobilier à Trentemoult était sans doute plus judicieux.
Voilà vous vous êtes « payé » les bobos. Bien ! Ces questions restent entières.  »

26 juin 2016 – Suite au résultat « Oui à NDDL »
« Une pensée pour Mme Laernoes ce soir. Depuis des mois qu’elle milite contre NDDL, elle doit ressentir un terrible sentiment d’injustice. Injustice face à un projet qui va se faire alors qu’elle le sait inutile à cet endroit, que les nuisances qu’il engendrera seront nombreuses, que l’argent public ne sera pas utilisé à bon escient. Injustice de ne pas avoir été entendue, et ce malgré toutes les preuves réunies. Oui, ce soir, nous compatissons, car nous comprenons exactement ce que Mme Laernoes doit ressentir. »

18 juin 2016 – Suite au silence de Johanna Rolland
« Je suis en colère parce qu’un industriel s’arrange avec la loi pour empoisonner nos enfants.
Je suis en colère parce qu’on a beau l’avoir découvert, ça n’arrête pas pour autant le processus.
Je suis en colère parce que c’est à nous, simples citoyens, de travailler d’arrache-pied pour accumuler les preuves.
Je suis en colère parce que, malgré ces preuves, nos élus font les sourds.
Je suis en colère parce que, plus encore que l’injustice, ce silence est méprisant.
Je suis en colère parce que, depuis des semaines, j’ai voulu croire que la colère n’était pas la solution. »